sadibidules
sténopéphotographies et autres expériences amusantes

En marge de la vision…


Ici les sténopéphotographies, photographies de peu de moyens, réalisées à l’aide d’un appareillage rudimentaire, avec un trou minuscule en guise d’objectif, sans viseur, souvent à l’aide d’une boîte toute simple en guise de boîtier, prennent toute leur place.
Les sténopés sont ici réalisés à l’aide de dispositifs numériques ou argentiques avec pour seule constante l’aspect imprévisible du résultat, nécessaire pour susciter l’effet de surprise espéré, à rebours des usages habituels en matière de photographie. Rien ne serait plus navrant que de pouvoir prévoir là l’avance les images ainsi obtenues. Il faut rater magnifiquement.
En quelque sorte livré à lui-même, le dispositif génère des images autonomes suivant des points de vue anormaux pour un œil humain : au bout des doigts, au ras du sol ou tout contre la surface du sujet photographié. Légèrement floues, les photographies semblent à leur tour respirer dans les vibrations lentes de la lumière.
Comme par un tour de passe-passe, l’enregistrement, image argentique ou numérisée, cherche à se donner pour l’image rêvée ou de menues perceptions visuelles en marge de la vision. Rêvons-nous les images photographiques ? Ou bien est-ce plutôt l’image enregistrée qui travaille nos rêveries ? Peut-être rêvons les visions des appareils autant que nos propres visions.